Crise européenne, un problème de gouvernance

Posté dans : Conseil Financier

Malgré des mesures exceptionnelles de la BCE, les mauvaises nouvelles s'enchaînent et l'instabilité politique s'installe.

L'embellie à fait long feu

Les mesures non-conventionnelles prises par la Banque Centrale Européenne (BCE) en décembre 2011, et février 2012, relayées politiquement par un renforcement du fonds de garantie européen et la ratification du pacte de stabilité budgétaire, ont pu un temps, laisser croire que les problèmes de perte de compétitivité de notre continent, de dette abyssale, et de gouvernance, étaient en voie de traitement.

Ces décisions ont été relayées au cours du premier trimestre par des statistiques plutôt encourageantes sur le niveau de l'activité outre atlantique et des résultats toujours aussi bons pour nos grandes entreprises.

Nous avons naturellement connus une embellie sur les actifs financiers européens tout au long du 1er trimestre 2012. Celle-ci aura maintenant fait long feu !
Le mois d'avril a annihilé tous les gains, mais également tous les espoirs de reprise durable, des marchés actions européens. L'Eurostoxx 50, après une baisse de 7% sur ce seul mois, se retrouve désormais en territoire négatif - 5% depuis le début de l'année (au 14 mai).

Stress entre détérioration de l'économie mondiale, aléas politiques et oppositions en Europe.

Depuis une quinzaine de jours, les mauvaises nouvelles s'enchainent, les Etats Unis ne semblent pas aussi fringants que nous l'aurions cru, La chine voit sa croissance ralentir. C'est donc le moteur même de la croissance mondiale qui semble faiblir.

En Europe, la Grèce ne cesse de s'enfoncer, suivie en cela par l'Espagne, et le Portugal. Seule l'Allemagne présente une croissance positive (+0.5%) au premier trimestre 2012.
Les banques et les agences de notation toujours et encore au premier rang de l'actualité :
En Espagne, Le taux de créances douteuses des banques (crédits immobiliers principalement) a atteint en mars un nouveau record depuis 1994, représentant 8,37% du total de leurs créances.
En Grèce, les pertes subies par les banques sur la dette nationale rendent très aléatoire leur survie, la BCE elle-même, suspend toute opération de crédit avec ces dernières).
Fitch a abaissé d'un cran la note à long terme de la dette souveraine de la Grèce, à "CCC", et Moody's a dégradé16 banques et quatre régions espagnoles.

Pendant quelques semaines, deux calendriers vont se chevaucher. En France, les élections législatives vont dominer, ce qui ne va pas inciter le camp du nouveau président à faire des compromis sur ses promesses de relance de la croissance qui viennent pourtant en opposition frontale sur leur mode de mise en œuvre, avec les mesures acceptables par l'Allemagne. La France sera d'autant plus incitée à tenir sa position que le thème « favorisons la croissance » trouve un écho positif chez certains de nos voisins.

La situation politique grecque, est alarmante et les nouvelles élections législatives attendues pour la mi juin mettent un nouveau doute important en Europe. La population grecque semble préférer exprimer maintenant dans les urnes, le refus de sa réalité, au rationnel ancrage européen et son cortège de souffrances.
Une sortie de l'euro de la Grèce nous semble acquise. Mais le risque viendra d'un effet domino et d'une contagion très rapide aux autres maillons faibles de la zone euro, où le Portugal et l'Espagne seraient désormais en première ligne. En outre, la remise en cause radicale du modèle démocratique par la population grecque pourrait s'expatrier assez rapidement dans d'autres pays européens.
C'est ici que nous touchons le cœur de la problématique Européenne : SA GOUVERNANCE : Qui dirige aujourd'hui l'Europe, avec qu'elle légitimité, et qu'elle pérennité ?

Face à ces constats et cet ensemble d'incertitudes, notre gestion représentée par le Fonds Patrimoine Pro Actif poursuit sa logique de prudence.
Depuis le début de l'année 2012, nous refusions d'intégrer des valeurs financières dans nos allocations et nous nous tenions à l'écart des dettes souveraines.
Notre position action était particulièrement orientée vers les valeurs internationales, et globalement nous avions retenu de prendre le parti d'une exposition modérée, mais réelle, au devises ($ et devises asiatiques).

Depuis un mois le gérant à notablement réduit l'exposition action qui ne représente plus, depuis le 16 mai, que 30% du portefeuille (position elle-même en partie couverte grâce à des fonds travaillant sur la volatilité des marchés), et surtout augmenté fortement la position devises puisque à ce jour 15% du portefeuille est libellé en $ et 24% l'est sur divers autres monnaies étrangères.

Nous sommes convaincus qu'au regard des difficultés que rencontre l'Europe, l'Euro va inévitablement s'affaiblir face à ses principaux concurrents.
Sur le mois à venir, les incertitudes sont telles que, les marchés actions ne peuvent à notre sens que souffrir.

Au 14 mai, Patrimoine Pro Actif présente une performance positive de + 3% pendant que l'Eurostoxx 50 chute maintenant de 5%.
Il est surtout intéressant de noter que depuis le 1 er avril, Patrimoine Pro Actif a abandonné 2% de performance pendant que le marché des actions européennes perdait lui 12%.
Notre volonté affirmée reste de préserver les capitaux qui nous sont confiés, au travers d'une gestion patrimoniale de bon sens, prudente, et d'une sélection de valeurs extrêmement rigoureuse.

Philippe CHARRE - 18 mai 2012